Cameroun-Banque mondiale : Les taux de décaissement du pays inquiètent le groupe bancaire

La revue conjointe de programmes financés par l’institution de breton-Woods a remis sur la sellette cette question qui entrave la réalisation à due échéance de nombreux projets.

7%, c’est le taux de décaissement actuel des projets du Cameroun dans les différents guichets de la Banque mondiale et celui-ci ne devrait pas excéder 12% d’ici la fin de l’année fiscale prévue au mois de juin 2021. Des états effectués par Abdoulaye Seck, le Directeur des opérations de la Banque mondiale au Cameroun lors de son discours d’ouverture de cette revue conjointe du portefeuille de coopération Cameroun – Banque mondiale. Un constat qui vient ainsi remettre au goût de l’actualité l’épineuse interrogation autour de la gestion des projets élaborés dans le pays pourtant leader économique de la sous-région Afrique Centrale. D’un montant d’environ 1 686 millions de dollars américains soit sensiblement 927 milliards de francs CFA pour 14 projets actifs, âgés en moyenne de 4 ans, le Cameroun n’a décaissé que 271 milliards de FCFA au cours des deux ans qu’ont déjà fait ce partenariat. Un montant en deçà des prévisions du groupe bancaire qui envisage une performance d’au moins 20% avant la moitié de cette année.

TRAVAUX AU CABINET DU MINEPAT

A l’origine de ces chiffres quelques peu décevants révèle le patron de la Banque mondiale en poste à Yaoundé, des contre-performance de divers ordres : « Institutionnel, administratif, opérationnel et j’en passe. Pour n’en citer que quelques-unes, je mentionnerais le délai écoulé entre l’approbation des financements et leur signature, multiplié par 4 depuis 2016 de 4,25 à plus de 18 mois en 2019. Nous soutenons l’entrée en vigueur en 2018 du décret sur la maturation des projets, mais nous constatons que son application devrait s’améliorer. » Par ailleurs le Sénégalais ajoute « les délais de passation de marchés sont inexplicablement longs en dépit des dispositions favorables dont bénéficient les unités de gestion de projet, à savoir des commissions spéciales et dédiées de passation de marché. Pour certains projets d’infrastructures, le délai de contractualisation est en moyenne de 18 mois pour un consultant et de 24 mois pour les marchés de travaux. »

SIÈGE BANQUE MONDIALE YAOUNDÉ

Des manquements relevés lors de la précédente séance annuelle d’évaluation de ce partenariat, tenu en 2020 mais qui n’ont pas fait l’objet d’une prise en compte réelle de la part des autorités de Yaoundé. Des tares énumérées par Alamine Ousmane Mey, ministre camerounais de l’Economie de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, en guise de rappel afin de réduire au néant : Les retards dans l’élaboration et l’adoption des Plans de travail et de budget annuel avec pour corollaire les retards dans la validation des Plans de passation de marché ; Les retards dans l’obtention des décrets d’expropriation et d’indemnisation des populations impactés par les travaux des projets ; La faible mobilisation des fonds de contrepartie ; La faible appropriation par les Unités de Gestion de Projet de la Loi de finances notamment de ses dispositions relatives à la prise en charge des taxes et droits de douane dans le cadre de projets à financement extérieur ; La méconnaissance par ces unités des critères d’évaluation de la performance d’un projet. Des goulots d’étranglement au centre de l’ensemble des maux qui minent la réalisation et partant la matérialisation des nombreux projets de développement du Cameroun.

Brice Ngolzok

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Brice Ngolzok
Journaliste économique spécialiste des questions d'innovation

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