Cameroun–Covid-19 : Mauvais élève dans le trafic transfrontalier

FRONTIÈRE CAMEROUN-TCHAD

Les transactions commerciales sur les corridors Douala-Bangui et Douala- N’Djamena sont bloquées à cause de l’état sanitaire des transporteurs camerounais, considérés désormais dans ces frontières comme des vecteurs de la propagation du virus Corona.

Avec plus de 7000 cas de personnes contaminées depuis le début du mois de juin 2020, le Cameroun apparaît comme le maillon faible de la Sous-région dans la lutte contre la pandémie de Coronavirus. Une place qui n’est de nature à conforter les échanges entre ce pays leader et les cinq autres Etats de zone CEMAC. C’est  fort de cette situation de plus en plus inquiétante en matière de gestion de la crise sanitaire mondiale que les corridors Douala-N’djaména et Douala-Bangui prennent de façon corrélés un véritable coup sur le trafic des marchandises par voie terrestre.

IMPACT NATIONAL DU CORONAVIRUS

En effet, les flux commerciaux sur les corridors Douala-Ndjamena et Douala-Bangui ont chuté de 80% au cours des mois d’avril et mars dernier, par rapport à la même période en 2019. Une baisse certes due à l’expansion mondiale du virus Corona mais aussi du fait de la propension des chauffeurs de gros porteurs camerounais atteints de la maladie.  Pierre Somsé, le ministre de la Santé et de la Population de la République Centrafricaine affirmait tout récemment à la suite de quelques  textes de Covid-19, effectués aux portes de son pays « Ce qui a dans un premier temps attiré notre attention, ce sont les 22 cas relevés le 26 avril dernier, parmi lesquels on a comptabilisé 17 camionneurs, dont 14 provenant du Cameroun (les autres contaminés venaient du Tchad). » Plus récemment, le patron de Santé Centrafricain tirait à nouveau la sonnette d’alarme dans un communiqué en rappelant que : « Parmi les 49 nouveaux cas confirmés entre le 1er et le 7 mai, 32 sont des cas importés par voie routière et 17 autres proviennent de la contamination locale. »

PROJET TRANSFRONTALIER

Une situation difficile à gérer par les Pouvoirs Publics des deux pays voisins (Tchad, RCA), car  90% du trafic interurbain et inter-états de marchandises dans la zone CEMAC (Communauté Economique et Monétaire des Etats de l’Afrique Centrale), se fait par voie routière. Par ailleurs,  le transport transfrontalier entre le Cameroun d’une part, la Centrafrique et le Tchad, d’autres part, deux pays limitrophes dépourvus de façade maritime et dont plus de 80% des exportations et des importations transitent par le principal port camerounais de Douala. Un réel dilemme pour les différents partenaires historiques qui se sont pourtant engagés avant le début de la pénurie  sanitaire, à mettre en œuvre un projet de guichet unique de gestion des formalités pour faciliter le transport sur les corridors routiers Douala-Bangui et Douala-N’Djamena.

Reste donc, au Cameroun de mieux juguler cette crise afin d’éviter toute propagation de cette pandémie dans les deux pays. Des partenaires qui envisagent depuis plusieurs mois des alternatives autres que les voies maritimes camerounaises à l’instar : du port béninois à Lomé ou encore du port-Soudan au Soudan pour exporter leurs marchandises. Un choix qui pourrait davantage réduire les recettes douanières et autres taxes à l’exportation du Cameroun, surtout que le volume de marchandises circulant sur les corridors a été réduit de 600 000 tonnes depuis 2014, causant aux acteurs portuaires et aux conducteurs de poids lourds une perte globale cumulée d’environ 1400 milliards de nos francs depuis sept ans.

Brice Ngolzok

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Brice Ngolzok
Journaliste économique spécialiste des questions d'innovation

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