Cameroun-Eurobond : Le spectre de la gouvernance d’embuscade resurgit

Le rachat de cet emprunt de 2015 par le gouvernement camerounais vient ainsi mettre en lumière la gestion de cette dette qui avait pour but de financer de nombreux projets de Développement.

Le grand tintamarre qui a pris corps le 30 juin dernier autour de quelques coupes de Champagne, dans l’une des salles huppées de la finance internationale à Paris en France, suite au rachat par le Cameroun d’un Eurobond, lancé pourtant en son temps en trompe par Alamine Ousmane Mey, ancien patron de cette administration, vient ainsi remettre subrepticement sur la sellette la gestion quasi catastrophique de cette émission obligataire qui n’a permis que de dégager que 450 milliards de FCFA contre 750 milliards attendus. Un échec cuisant en 2015 lors de cette opération mais qui, 06 ans plus tard, apparaît comme une sorte de réussite pour le Cameroun à travers ce taux d’intérêt de près de 6% pour une maturité de remboursement de 11 ans. Une illusion entretenue davantage par le pays de Paul Biya par des chiffres au relent flatteurs tels que : les 1481,15 milliards de FCFA obtenus pour un taux de couverture de 321%, alors que la réalité est bien claire pour des observateurs.

« Je ne peux donc pas, ne partager avec vous la gêne qui habite le citoyen camerounais que je suis, je me laisse imaginer que c’est parce que mon pays le Cameroun est jugé irresponsable, affirme le député Cabral Libii

, qu’il a été obligé afin de conclure un accord avec le FMI le 27 mai de souscrire la conditionnalité préalable d’autolimitation le 26, par laquelle il s’oblige a plafonné ses emprunts non concessionnels à 750 milliards FCFA et concessionnels à 350 milliards. Cela est d’autant vrai que la même ordonnance du 26 mai autorise un Eurobond de 450 milliards pour racheter une dette précédente en Eurobond de 2015 sans que cette dernière dette n’est visiblement atteint ses objectifs. »

LOUIS PAUL MOTAZE, MINISTRE DES FINANCES

Un coup de pied dans la fourmilière de la part du président National du Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale (PCRN) lors de la plénière du 17 juin dernier, qui ouvre ainsi la boite de pandore quant à la gestion de l’Eurobond de 2015. Un endettement dont l’objectif en allant auprès des marchés financiers internationaux, augurait la réalisation efficace du Plan d’Urgence Triennal pour l’accélération de la Croissance lancé par le numéro I camerounais le 09 décembre 2014 lors du conseil ministériel dernier du genre jusqu’à présent. Par ailleurs, cet Eurobond devrait financer la construction de deux axes routiers de désenclavement dans chaque région, faciliter la création d’agropoles de 120 000 hectares de périmètre hydro-agricole, asseoir de grands marchés de ravitaillement en denrées et procéder à l’aménagement d’ouvrages de retenue d’eau dans les trois régions du nord du pays. Par ailleurs, le financement aurait partiellement servi à booster la production de la Société Nationale de Raffinage (Sonara) aujourd’hui en pleine agonie suite à l’incendie survenu en mai 2019.

Des projets prévus dans le cadre de cet Eurobond dont les résultats sont loin d’être visibles sur le terrain du concret et laisse simplement place à des discours des autorités de Yaoundé qui se bombent le torse devant les petits écrans de télévision, aboient de façon quasi répétitive dans les radios pour vanter la gestion managériale exceptionnelle avec laquelle ils ont pu proroger une dette dont les échéances de remboursement auprès des obligataires ne pouvaient être respectées par le Cameroun.

Richard Mandjack

57

Total Number of Words: 622

Total Reading Time: 3 minutes 7 seconds

About the Author

Brice Ngolzok
Journaliste économique spécialiste des questions d'innovation

Be the first to comment on "Cameroun-Eurobond : Le spectre de la gouvernance d’embuscade resurgit"

Leave a comment

Your email address will not be published.