Cameroun-NOSO : Le sang de tous les désespoirs

Le drame survenu à Kumba dans le chef-lieu du département de la Mémé, région du Sud-ouest affiche clairement les signes d’une guerre civile dont le dénouement est loin de s’achever.

Peu d’espoirs désormais pour les pourfendeurs et autres matamores des petits écrans. Terminé, la démagogie quant à une fin annoncée des hostilités et une paix retrouvée dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, zones en proie à des violences de plus en plus extrêmes depuis 2016. Fini, ces sourires narquois, ces communications à grand renfort de publicité pour convaincre certaines familles, certains naïfs et de nombreux bellots sensibles au discours enchanteur faisant du Cameroun: « Un pays un et indivisible ».

L’histoire est têtue et les faits sont sacrés a-t-on coutume de rappeler! Aujourd’hui la réalité est sans aucun doute inéluctable et quasiment impossible à effacer de la mémoire collective, celle d’une guerre civile qui atteint malencontreusement les cimes de l’horreur. Rien n’y fait! les discours, les pleurs, les condoléances ou encore les nombreuses invectives politiciennes n’ôteront à l’esprit de ceux qui sont encore un peu lucides, cette ignoble cruauté qui vient ainsi mettre au banc des accusés les gestionnaires de cette crise aux relents pacifiques au départ.

DRAME KUMBA

La responsabilité d’une ignorance abjecte face aux nombreuses revendications clamées à cor et à cri depuis des décennies mais dont l’écho et les larmes n’ont de réponses que le mépris et des formules abracadabrantesques dans l’optique de momifier davantage les populations. Les corollaires d’une revendication non violente (Avocats, Enseignants) au mois d’octobre 2016, se sont transformés quatre ans plus tard à une vaste marée de sang où personne n’est plus épargnée.

Force reviendra à l’Etat légal et légitime dira-t-on ! mais au prix de cette enfance, cette innocence incarnée des héritiers de la « nation »  qui verront à l’avenir, dans le principe immuable du droit à l’éducation tel que contenu dans la déclaration universelle des droits de l’homme et des libertés, un crime contre la société de nos pairs, de nos ancêtres, de nos héros et combattants de l’indépendance. Le temple du savoir ( Mother Francisca International Bilingual Academy) et partant de la liberté future de la jeunesse du Cameroun, transformé en champ de guerre où prédomine les crépitements de balles au détriment du silence harmonieux des connaissances livresques.

Plus d’excuse, plus de flagornerie, plus de prestidigitation la paix n’est pas retrouvée, la stabilité est à des kilomètres de la grammaire gouvernementale, la sécurité n’est pas le propre du NOSO, la Commission du bilinguisme a accouché d’une souris, le Grand Dialogue national n’a toujours pas portée les fruits (Plus d’un an après), le plan de reconstruction n’est point possible. Sept morts de trop mais alors 07 martyrs de l’indignation suprême, il faut repenser la stratégie résolution de la crise anglophone mais surtout « re-panser » les esprits, car le fond de l’abîme pointe à l’horizon.

Brice Ngolzok              

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Brice Ngolzok
Journaliste économique spécialiste des questions d'innovation

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