Afrique centrale- Numérique : Le mauvais élève du continent

Selon un récent rapport de l’OCDE et de l’Union Africaine, le secteur du numérique a encore beaucoup de chemin à faire pour enfin tirer les bénéfices escomptés dans cette partie du continent.

Il ressort de l’examen des données du rapport de l‘Organisation de Coopération et Développement Économique (OCDE) et de l’Union Africaine (UA) sous titré: « Dynamiques de développement en Afrique 2021 : transformation digitale et qualité de l’emploi » que le numérique emploie 3 à 5% de la population active du Cameroun. Ledit secteur numérique repose majoritairement sur des start-ups peu structurées, ce qui expliquerait le caractère éphémère des emplois dans ce secteur. En fait, chacun des emplois dans l’économie numérique générerait 4,9% d’emplois dans d’autres secteurs de l’économie globale. Cependant, le Cameroun possède les meilleurs indicateurs de la région Afrique Centrale dans le domaine de la transformation digitale et de la qualité d’emplois. Et, sur le même sujet, l’Afrique Centrale est en queue de peloton par rapport aux autres régions d’Afrique.

L’accès insuffisant aux outils numériques

Contrairement aux autres régions de l’Afrique, l’accès est le plus faible en Afrique Centrale. La moyenne continentale d’accès à un ordinateur est de 10,1%, alors qu’elle est de 9,81% en Afrique Centrale. Dans le cas spécifique du Cameroun, en 2010 déjà, 3,94% de sa population utilisait un ordinateur contre 13,81% en 2018, une nette progression qui classe ainsi le Cameroun à la 3e place après le Guinée Équatoriale (15,9%) et la Gabon (35,51%).

Pour ce qui est des chiffres dans la téléphonie mobile, 73,19% des camerounais disposent d’un abonnement, cependant, c’est moins qu’au Gabon, au Congo et à Sao Tomé et Principe. Avec cet indicateur, l’on est en-deçà des 80% d’abonnements à la téléphonie mobile dans les autres régions africaines. Le retard du Cameroun dans ce secteur s’explique par un faible pouvoir d’achat et l’absence d’une véritable concurrence entre les opérateurs de ce secteur, sans oublier l’un des obstacles majeurs à l’expansion du numérique qu’est le coût élevé de la communication. Le prix moyen de la communication en Afrique Centrale est évalué à 21,9% du revenu mensuel moyen par habitant qui est de 195,76 dollars US, soit environ 105.000 F CFA d’après le rapport de l’OCDE.

Au Cameroun, ce prix moyen est de 12,02% du revenu annuel moyen estimé à 1400 dollars US, soit une valeur de 758.000 F CFA. Grosso modo, le marché aux allures d’oligopole dans la téléphonie mobile en Afrique Centrale ne saurait permettre et favoriser la baisse des coûts de communication. Une moyenne de trois opérateurs dans chacun des 11 pays étudiés dans la région Afrique Centrale est décelée dans le rapport de l’OCDE. Pour cette région peuplée de près de 150 millions d’habitants, les opérateurs les plus présents sont Orange (France), MTN (Afrique du Sud) et Airtel (Inde).

L’accès médiocre à internet

Selon le rapport de l’OCDE, le Cameroun est le seul pays qui aurait un taux de couverture de la 4G de l’ordre de 78%, bien que nombre de langues à tort ou à raison dans le pays affirment qu’il n’y aurait pas encore de 4G mais plutôt de la 3G+. En Afrique Centrale, 34,2% seulement de la population est couverte par un réseau 4G contre 48,77% pour l’ensemble de l’Afrique. Cette faible couverture 4G s’expliquerait par la mauvaise qualité du service lorsqu’il est disponible. Le déficit en réseaux de fibres optiques terrestres de connexion des grandes agglomérations aux zones et localités périphériques entraîne des inégalités entre les zones urbaines et rurales en matière de taux de pénétration d’Internet.

 

Richard Mandjack.

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Brice Ngolzok
Journaliste économique spécialiste des questions d'innovation

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