Cameroun-Tuberculose : Les frais connexes entravent la prise en charge des enfants

Alors que le gouvernement consacre depuis plus de 15 ans la gratuité du traitement de cette maladie, certaines mamans déplorent encore les coûts supplémentaires qui gravitent autour des soins.

40.000 Francs CFA, c’est le coût moyen des frais connexes relatifs à la prise en charge de la Tuberculose chez les enfants au Cameroun. Une somme énoncée de façon implicite par certaines femmes rencontrées dans ville siège des institutions camerounaises. « J’ai dépensé environ 30.000 FCFA, affirme Eugenie Bidzogo pour soigner la Tuberculose qui a frappé Gaétan, mon fils âgé à peine de deux (02) ans. » Tout comme la jeune étudiante de l’Université catholique à Yaoundé, madame Célestine Omgbwa, commerçante au quartier Emana, dans le 1er arrondissement de Yaoundé évalue à plus de 40 000 FCFA, le montant des dépenses effectuées pour administrer des soins à sa fille de 12 ans qui, elle aussi, a été victime de cette infection pulmonaire.

HÔPITAL JAMOT A YAOUNDÉ

Des témoignages assez illustratifs des coûts parfois négligeables pour certains mais qui aujourd’hui entravent encore la prise en charge des enfants atteints de Tuberculose. Selon ces victimes, les frais ne sont généralement compris directement dans le traitement dont la gratuité des soins est effective depuis 2004 au Cameroun, mais résultent d’un ensemble d’examens avant le diagnostic final de la maladie. « Pour traiter mon fils on a d’abord payé plusieurs perfusions pour lutter contre le paludisme car j’ai expliqué que l’enfant avait la fièvre. Quelques jours plutard le médecin qui traitait a constaté en passant que l’enfant avait une légère toux, alors il m’a posé la question de savoir si celle-ci était régulière. Je lui ai dit qu’elle revenait de façon intermittente et quand je donnais le djindja (Gingembre) et les cristaux de menthe ça disparaissait pour un bout de temps mais il pleure souvent quand je le touche au niveau des côtes ai-je ajouté. C’est ainsi que le docteur m’a prescrit un examen pulmonaire qui a confirmé la présence du bacille de Koch dans les poumons de mon bébé et m’a transféré ici à Jamot ». Relate Gaelle Malam.

Au-delà, de la multiplicité des examens certains malades déplorent ce manque de matériels de base qui alourdit de façon conséquente les factures. En effet, la quasi-totalité des personnes interviewées remettent sur la sellette ces achats d’outils basiques destinés aux personnels de santé à l’instar : Des gants de soins, des thermomètres et même parfois le coton qui sont très souvent laissés à la charge des patients, contraints face à ces différents dilemmes de courber l’échine dans l’espoir de bénéficier d’un traitement adéquat et efficace pour recouvrer la santé. Les frais connexes constituent donc une entrave fondamentale à la prise en charge des enfants atteints de cette pathologie. Une barrière financière à l’origine de la réduction de l’accès aux services de santé de qualité surtout que ces coûts tournent en moyenne au-dessus du salaire minimum interprofessionnel garanti. Un SMIG estimée au Cameroun à environ 36 270 FCFA alors que les frais connexes pour une prise en charge complète de la Tuberculose chez les enfants avoisinent parfois 40 000 FCFA en valeur absolue.

Brice Ngolzok  

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Brice Ngolzok
Journaliste économique spécialiste des questions d'innovation

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