Exploitation forestière ::Parc à bois de Ngousso ::Dans les coulisses d’un trafic

parc à bois de Ngousso

Comme ailleurs à Yaoundé qui compte une centaine de points de vente de ces produits ligneux, celui de ce quartier expose une marchandise à la provenance douteuse.

Exploitante de bois

Dans les parcs à bois de Yaoundé, notamment celui de Ngousso sur la route Soa, les clients achètent et font confiance aux vendeurs. En plus de leur vanter des essences souvent dévoyées, ils leur parlent de zones de provenance inexactes. Et le marché du bois attire des foules comme c’est le cas en Ngousso ce 12 juin 2017. Très tôt ce lundi, jour de grande livraison, clients et vendeurs commercent déjà. Sur cette place du marché, plus de vingt comptoirs. L’espace est bien aménagé et l’organisation se fait sous la supervision d’un chef de parc. Le nommé Jean-Pierre en a la charge. En l’absence de ce maître des lieux, Marie qui officie comme une exploitante de bois depuis trois années et Charles, un vendeur tombé en faillite, servent de guide aux clients et nouveaux venus.

«Le bois vendu ou que nous vendons vient de très loin. L’origine est douteuse lorsque nos acquisitions proviennent des scieurs de brousse», confie Charles, un air dégourdi. Raison pour laquelle, des patrouilles de police viennent de temps à autre vérifier certaines opérations. «La police et les agents des eaux et forêts viennent souvent nous demander d’où provient le bois que nous vendons. Généralement, ces missions de contrôle correspondent avec des périodes où certains grands opérateurs ont maille à partir avec les postes de contrôle sur les routes. Ils trouvent alors des astuces pour écouler discrètement leur cargaison», explique Charles. «Il arrive aussi souvent que des voleurs viennent ravitailler le marché de bois volé à la suite d’une panne de camion d’un grand exploitant», ajoute Charles.

Zones de coupe

Ces deux exemples pris par Charles montrent à quel point, la provenance du bois vendu dans les parc à bois, est parfois douteuse. Marie de son côté se veut réaliste, «le bois est rare et lorsque vous avez un livreur vous êtes obligé de prendre ce qu’il vous donne. Le marché est difficile on ne s’en sort pas. Nous ne sommes sûrs que de l’origine du bois industriel car on traite avec la scierie directement lorsqu’on a besoin des déchets de bois. Nous ne savons pas grand-chose du bois qui vient directement de brousse», indique Marie qui reconnait qu’il est possible de se retrouver à vendre du bois illégal. Charles qui s’apprête à se reconvertir dans l’agriculture, doit avoir été abusé par un vendeur qui lui a pris une forte somme pour la coupe et le transport du bois, avant de disparaitre dans la nature, non sans le laisser avec un comptoir vide.

Le transport du bois des zones de coupe vers les parcs, favorise, lui aussi la confusion entretenue et observée autour de la provenance du bois. Les petits opérateurs à ce propos, multiplient d’astuces pour contourner la règlementation en vigueur. Avec la complicité des agents chargés d’assurer le contrôle, s’illustrent pour certains, par des comportements complaisants. Comme d’ailleurs certains responsables des postes locaux ou des délégations qui délivrent des feuilles de chauffeurs contre de l’argent. «Nous ne pouvons pas dire que tout le bois qui se vend ici bénéficie de ces manœuvres, mais il arrive que l’on contourne les rigueur administratives grâce à des arrangements», relève Nicodème, opérateur artisanal rencontré au parc de Ngousso à Yaoundé. L’état des routes est également curieusement pointé du doigt. Michel Obum relate de ce point de vues que «parce que certains voyages durent une à deux semaines. Certains finissent par abandonner leur bois qui par la suite est volé».

Si la provenance s’avère douteuse, les parcs disposent des espèces variées. «Nous vendons le Bubinga, le Bete, le Mouvingui, l’Ebène, le Padou. Souvent les utilisateurs et transformateurs de bois viennent en personne avertie. Mais lorsque nous tombons sur de simples consommateurs, ils peuvent être floués. Car nous gardons toujours dans l’arrière-boutique certaines espèces plus rares», avoue Charles. A ce sujet, de nombreux clients rencontrés dans le parc de Ngousso reconnaissent avoir déjà reçu des espèces en lieu et place d’autres.

Rigobert Kenmogne

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