Franc CFA : La dévaluation de toutes les controverses

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L’évocation de la baisse de la valeur de la monnaie utilisée dans les pays de la zone CEMAC, ne cesse d’être au centre de nombreuses discussions depuis quelques années.

Le débat qui a cours dans la plupart des réseaux sociaux et autres points de rencontres publiques,  porte sur la chute de la monnaie de la Communauté Economique Monétaire de l’Afrique Centrale(CEMAC). La dévaluation peut-elle relancer la croissance ? Quels impacts aurait celle-ci sur les entreprises et les populations ? Quels leviers actionner pour éviter ce mécanisme ? Des interrogations et bien d’autres qui ont été à l’origine d’une rencontre extraordinaire des hauts responsables, tenue à Yaoundé le 23 décembre 2016. Réunion au cours de laquelle ont pris part les différents chefs d’Etat des 06 pays de la CEMAC. Un sommet dont les recommandations ont permis d’éviter la chute de la parité de leur monnaie commune grâce ; à un plan budgétaire, une préservation de la dette publique, une souplesse de la part  des partenaires bilatéraux et multilatéraux vis-à-vis des dettes contractées par les Etats et enfin une Politique monétaire impulser par la BEAC afin d’atténuer les chocs budgétaires.

Postulat

FCFA CEMAC

« Avec la vie qui est dure actuellement si on se retrouve dans la situation d’une dévaluation du FCFA comme en 1994, je crois que les gens vont mourir en cascade car même le faux riz thaïlandais qui coute 400 frs sera peut-être 800 FCFA », déclare avec assurance Francis Atangana, un habitant du quartier de Elig-Edzoa dans le premier arrondissement de la ville de Yaoundé. La dévaluation apparaît pour le commun des mortels comme étant une gangrène qui viendrait tuer le tissu économique local et augmenter le coût de vie des populations. Une image gravée dans la mémoire de certains usagers qui occulte tout de même le caractère compétitif d’une économie lors de cette période de récession. En effet, La dévaluation vise à augmenter la compétitivité économique, en rétablissant un équilibre, par une correction du déséquilibre de l’économie (déficit commercial).

Ainsi la baisse des réserves de change des pays de la zone à hauteur de 5100 milliards de FCFA, soit l’équivalent d’environ 3,5 mois d’importations, selon un rapport récent du cabinet Fitch Rating pourrait entraîner un effet prix, en cas de dévaluation. De façon pratique, la baisse des prix des produits exportés par un pays en situation de dévaluation permet d’augmenter les quantités vendues à l’étranger, tandis que la hausse du prix des importations incite à importer moins de produits de l’extérieur.

 Scénario à risque 

TAUX DE CHANGE FCFA EN EURO

Difficile pour  les pays de la zone CEMAC, de réguler leurs différentes dettes en cas de réduction de la parité du FCFA, à l’occurrence celles avec les partenaires bilatéraux ou multilatéraux. Le Cameroun dont l’encours de la dette extérieure est estimé à plus de 6670 milliards de FCFA,  verrait désormais sa dette multipliée par deux à trois fois plus. Tout comme le Cameroun,  la dette externe de plus 3764 milliards de FCFA du Gabon, serait doublée voire triplée.  Il en est de même pour les autres Etats de la Sous-région. Raison sans doute pour la laquelle les 06 pays ont proposé une annulation de leurs dettes extérieures  lors de la troisième session extraordinaire du Comité de pilotage (Copil) du Programme des réformes économiques et financières de la Cemac (Pref-Cemac), tenue le 28 mars 2020 à Brazzaville. Un gel d’une dette, estimée en valeur relative à 27% du Produit Intérieur Brut 2018 de la CEMAC.

Brice Ngolzok

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Brice Ngolzok
Journaliste économique spécialiste des questions d'innovation

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