Généralement la tuberculose sensible est prise en charge en ambulatoire, mais lorsque le malade a des complications ou des comorbidités il y aura des frais liés à l’hospitalisation

Dr Kristelle Ebo, Chef d’unité tuberculose pédiatrique au Programme Nationale de Lutte contre la Tuberculose (PNLT) revient sur l’ensemble des mesures prises par l’Etat pour assurer la santé des enfants frappés par cette maladie infectieuse.

Quand on parle de tuberculose pédiatrique de quoi s’agit-il concrètement ?

La tuberculose pédiatrique est une forme de tuberculose qui touche la tranche d’âge de 0 à 14ans. Il faut rappeler que la tuberculose est une maladie infectieuse, contagieuse à déclaration obligatoire qui est causée par une bactérie, le Mycobacterium Tuberculosis.

Quel est l’état des lieux de cette pathologie au Cameroun ?

Selon les estimations de l’OMS, elle constitue 10 à 15% des cas de tuberculose toute forme confondue. Au Cameroun, en 2020 on a enregistré environ 22 511 cas de tuberculose toute forme confondue et juste 5% étaient des enfants. Il y a donc une sous-notification de la maladie.

Selon un récent rapport de l’OMS à peine 20% des cas de tuberculose pédiatrique sont identifiés au Cameroun. Qu’est ce qui peut expliquer cette déperdition d’environ 80% en valeur relative ?

La tuberculose en général est sous-notifiée par rapport aux estimations de l’OMS. Et si on se base sur la notification attendue le gap semble énorme pour la forme pédiatrique. En tenant compte de la notification de 5% des cas de tuberculose toute forme confondue, le gap est évalué à 50%. Ceci peut s’illustrer par plusieurs cas. Un enfant peut avoir les symptômes de tuberculose, mais le parent non informé ne va pas le conduire à l’hôpital. Il peut avoir la volonté de le conduire à l’hôpital mais il se pose des problèmes d’accès aux soins, la formation sanitaire qui doit le prendre en charge n’est pas proche. Il peut arriver et il se pose un problème de coût de la prise en charge, ou encore le personnel n’est pas assez outillé pour poser le diagnostic. Enfin le diagnostic peut être posé et le cas non déclaré.

Au regard des chiffres, la tuberculose infantile constitue un problème de santé publique. Le fait d’arrimer cette dernière dans les guides et directives de la prise en charge intégrée des maladies du nouveau-né et de l’enfant pourrait- elle être un début de solutions afin d’avoir des résultats plus satisfaisants ?

Sur le plan PCIMNE, Je pense qu’il faut mentionner que le pays dispose déjà d’un guide de prise en charge de la tuberculose prenant en compte l’aspect pédiatrique.

Et au vue de la sous notification des cas, il serait plutôt souhaitable d’intensifier le diagnostic de la TB pédiatrique à toutes les portes d’entrées de la PCIMNE via la vulgarisation de ce guide de prise en charge de la tuberculose pédiatrique, la formation ou recyclage des personnels de santé sur la prise en charge de la tuberculose pédiatrique et promouvoir la recherche opérationnelle sur le diagnostic de la tuberculose pédiatrique avec implication des différents partenaires.

Les frais connexes en la matière apparaissent malheureusement comme un frein non négligeable dans l’accès aux soins dans ce domaine. Comment expliquez-vous cet état de fait ?

La prise en charge de la maladie en général a des coûts indirects et directs. Pour ce qui est du diagnostic, l’examen des crachats, la radiographie pulmonaire, génèrent encore des coûts pour les patients. Généralement la tuberculose sensible est prise en charge en ambulatoire, mais lorsque le malade a des complications ou des comorbidités il y aura des frais liés à l’hospitalisation par exemple. La subvention actuelle avec la collaboration du Ministère de la Santé Publique et des partenaires techniques et financiers nous permet dès cette année de rembourser les frais des crachats dans plusieurs formations sanitaires. Nous avons également acquis des appareils de radios mobiles et des automobiles pour leur transport qui seront mis à la disposition de plusieurs patients dans les régions. Il faut noter que le PNLT est impliqué dans le processus de la couverture sanitaire universelle.

Interview réalisée par

Brice Ngolzok

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Brice Ngolzok
Journaliste économique spécialiste des questions d'innovation

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