Le repli identitaire a de beaux jours au Cameroun

Les autorités continuent d’entretenir un système social qui accentue de plus en plus le cette gangrène, quelque peu à l’origine de nombreux maux qui minent ce pays.

Patrie, un mot qui figure en bonne place dans le triptyque que compose la devise du Cameroun. Un terme qui constitue en apparence le lien fondamental pour la défense des idéaux commun de la nation. Un mot clamé par nombre de camerounais lorsqu’il faut entonné le chant de ralliement national, mais qui malheureusement, est peu matérialisé au quotidien.

Au premier rang de cette ambiguïté se trouve très souvent aux yeux de certains experts, la pluralité ethnique du Cameroun, avec plus 250 ethnies sur ces 475000 km2. Pour d’autres, elle résulte d’un héritage colonial qui mue de façon constante le repli identitaire. Force est donc de constater que depuis plusieurs décennies le repli identitaire ne cesse de s’accroître pour prendre de plus en plus la forme d’un tribalisme vertement affiché par la majorité des fils et filles du Cameroun.

Si les arguments sus énoncés par quelques érudits de la vie sociopolitique du Cameroun sont valables, il convient d’ajouter que les choix opérés par le gouvernail institutionnel pour gérer l’héritage public contribuent à la distorsion grandissante de lUnité Nationale.

Le danger d’une méritocratie régionale

S’il est convenu que le pouvoir discrétionnaire du chef de l’Etat, tel que contenu dans la constitution du Cameroun, ne souffre d’aucune contestation dans sa forme, quelques éléments de fond sont malheureusement incompréhensibles. Il est à citer : Certaines pratiques qui ont fait leur lit dans les habitudes des différentes tribus. Celui relatif au vent de soutien qui souffle au lendemain d’une nomination de certains responsables administratifs par le Président de la République.

Un assaut effectué par les populations dans les rues des villes ou des villages, pour remercier l’homme du 06 Novembre 1982, suite au choix de l’un des leurs, un fils du terroir, à qui, la responsabilité a été donnée de conduire le destin d’une Administration pourtant National.

Administration qui sera désormais assimilée à une portion identitaire d’un groupe tribal, par un multiplicateur de poste en faveur « des frères du village » au sein de la structure où, dès la façade avant du bâtiment, il est possible à travers le dialecte qui est parlé, de déterminer la minorité ethno régionale au commande.

Une solidarité primaire tribale, sorte d’instinct grégaire qui amplifie ce sentiment de tribalisme de tout autre usager peu apte à déchiffrer les codes de l’ethnie en pole position. Une situation qui accentue de façon parfois involontaire cette ‘’société de l’individu’’ au détriment de la ‘’société citoyenne’’.

CONCLAVE DES GARDIENS DE LA TRADITION A YAOUNDE

L’équilibre régional du déséquilibre

L’idée mis en place par le feu président AHIDJO, au lendemain de l’indépendance du Cameroun en 1960 et modifié entre 1982 et 2000 sous la forme « d’Equilibre Régional » apparaissait dans son concept, comme un véritable creuset d’équité dans la participation des citoyens tout bord a la gestion des biens publics.

Sauf qu’aujourd’hui, la pratique témoigne à suffisance, de l’iniquité à laquelle se pratique ce principe, devenu le terreau d’une préservation à l’infinie d’une minorité de ploutocrates néocolonial qui tirent gracieusement les bénéfices de ce système « endocolonial » .Un modèle nourrit par le maintien constant, au milieu des populations naïves et apeurées (frères du village ou de région) de cette tribalité, ce préférentisme appuyé de façon indescriptible par une redoutable hypocrisie ethno régionale envers d’autres tribus.

Une mécanique de pseudo-exclusion ethnique sans pour autant que cela ne soit objectivement observable sur le développement des acteurs sociaux, ceux-ci n’ayant pour seule et réelle réalité que la misère galopante de cette grande masse, aveuglée par l’idée d’une appartenance régionale au mépris d’une identité républicaine.

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Brice Ngolzok
Journaliste économique spécialiste des questions d'innovation

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