ZLECAF-Urbanisation: Un atout indispensable pour les investisseurs

Malgré les difficultés, l’amélioration des métropoles africaines est porteuse d’un fort potentiel de croissance et de développement à l’ère de l’ouverture des frontières des Etats.

Les villes africaines ont connu, au cours de ces 10 dernières années, une croissance exponentielle dans tous les secteurs ; que l’on se place sous le prisme économique ou démographique. Une urbanisation qui a provoqué un transfert massif des populations vers les grandes agglomérations comme Lagos, Douala, Abidjan, Dakar, Libreville ou dans une moindre mesure Lomé. Des mégalopoles qui contribuent aujourd’hui à hauteur de 700 millions de dollars au PIB du continent.Un chiffre qui devrait atteindre 1,7 milliards d’ici à 2030 note la Oxford Economics.

Selon ONU-Habitat, le développement rapide, surtout dans les villes des pays africains, pose des défis en matières de répartition de personnes et des ressources, ainsi que l’utilisation des sols. Le mirage d’une vie meilleure, l’accroissement de l’exode rural, consécutives de cette expansion pourraient aggraver la pauvreté et les inégalités à mesure que les populations affluent vers les villes , à la recherche de l’emploi et des opportunités.

Pour faire face à tous ces problèmes, les Etats africains se voient donc contraints de se doter d’outils nécessaires qui leur permettront de contenir ce développement urbain. Ils doivent aussi se munir des arguments sécuritaires capables de faire face à la criminalité et au grand banditisme caractéristiques de toutes les villes à forte concentration humaine. Toujours d’après ONU- Habitat:” 60% de tous les résidents urbains des pays en voie de développement ont été victimes de crimes au moins une fois au cours des cinq dernières années dont 70% en Amérique latine et en Afrique”.

En cette période de crise liée à la pandémie du coronavirus, les femmes, les vieillards et même les enfants risqueraient fort d’être les plus touchés par ces fléaux. A cela, si on ajoute la détérioration accentuée des services disponibles tels que l’eau, le transport et le ramassage des ordures, il devient urgent, voire vital de repenser le modèle des villes africaines. Les milieux urbains, du fait d’une promiscuité exacerbée , sont particulièrement vulnérables aux inondations et aux flambées des maladies telles que le paludisme, le choléra, Ebola ,et plus près de nous la covid19. Il s’impose ici plus qu’ailleurs une bonne planification, une mise en œuvre efficace des politiques de protection des zones écologiquement sensibles, le reboisement et le recyclage par exemple des déchets pour une réutilisation efficiente.

YAOUNDÉ-CENTRE VILLE

A l’horizon 2050, les villes africaines , d’après les prévisions de la Oxford Economics, afficheront des taux de croissance supérieurs à ceux d’autres régions du monde. Le Cap, Dar es Salam, Luanda, pour ne citer que celles-là devraient devenir les premiers géants économiques d’Afrique et seront de véritables villes durables. D’où la nécessité pour réussir l’urbanisation en Afrique et en faire un levier de relance économique , d’établir de nouveaux paradigmes. Aujourd’hui, les Cités et Gouvernements Locaux Unis d’Afrique (CGLUA), un organisme représentant plus de 1000 villes africaines, a élaboré un programme urbain pour l’Afrique (AUA). Ce programme comporte un ensemble de mesures urgentes à prendre afin d’améliorer le niveau d’attractivité des villes , ainsi que la promotion de l’urbanisation comme catalyseur de la transformation du continent. Avec un objectif principal : offrir aux africains une meilleure qualité de vie, dans les grandes villes par des services de base efficaces , tout en garantissant la sécurité et la préservation de l’environnement socio-économique. Pour une urbanisation propice à la relance économique du continent.

Une relance dont on sait est davantage possible et plausible à travers le mise sur pied depuis janvier dernier de la phase d’ouverture des frontières relative à la ZLECAF. Un des points revêtant la plus haute importance de ce processus dont le respect de l’engagement à « ne laisser personne de côté » et celui de la promesse que « les plus défavorisés seront les premiers que nous nous efforcerons d’aider ». Pour cela, il est essentiel non seulement que tous les gouvernements africains mettent en œuvre les mesures d’accompagnement de la Zone de Libre Echange Continentale Africaine, comme le Plan d’action pour le renforcement du commerce intra-africain de l’Union africaine, mais aussi que le secteur privé africain investisse dans les possibilités offertes par la ZLECAF et l’urbanisation des villes apparaît comme un des atouts majeurs pour attirer les investisseurs du continent.

Brice Ngolzok

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Brice Ngolzok
Journaliste économique spécialiste des questions d'innovation

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